Les larmes de Marie-Luise

Rodolphe ne comprit pas tout de suite que c’était Marie-Luise qui se rapprochait de la voiture. Sa frêle silhouette semblait prête à s’évanouir dans la nuit. Elle s’avança et attendit devant le coffre alors qu’il avait ouvert la portière côté passager. Ils avaient passé la frontière, elle ne devait plus se cacher à présent. Il la fit pivoter vers lui et observa son visage. Des larmes sillonnaient ses joues pâles. Ses yeux restaient sans expression. Elle ne semblait même pas avoir conscience de sa propre personne.

Il la serra doucement contre lui. Le corps de la jeune femme se crispa à son contact. Elle pleurait toujours, les gouttes affluaient sans discontinuer. Il les sécha à coups de baisers. Marie-Luise saisit le visage de Rodolphe des deux mains et dirigea ses lèvres vers les siennes. Elle sentit le goût salé de ses propres larmes sur la bouche de cet homme qu’elle connaissait à peine.

Assise sur le coffre, Marie-Luise se mit en position pour accueillir le corps de son partenaire. Rodolphe découvrit sa poitrine. Ses doigts parcouraient avidement chaque centimètre de peau, comme s’il lisait avec application un roman en braille. La brise et l’excitation qu’elle ressentait lui donnaient la chair de poule. Il caressa l’intérieur de sa cuisse, sous la jupe. Elle sursauta lorsqu’il atteignit sa culotte et bascula ses reins pour l’ôter. Les pieds posés sur le pare-choc arrière de la berline, elle écarta les jambes et déserra la ceinture de son partenaire. À travers le tissu de son caleçon, elle pouvait sentir le sang irriguer sa verge.

Leur pouls s’intensifia en même temps que la cadence de leur respiration. Ils n’avaient plus conscience de baiser sur un parking de supermarché. Tandis que Rodolphe jouissait en elle, un fluide chaud et abondant jaillit par vagues entre ses jambes. Le liquide ruissela sur la carrosserie avant d’atterrir sur le sol en béton.

Sur le visage de Marie Luise, les larmes avaient disparu.

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